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Une presse antidreyfusarde très présente au début de l'affaire.

 

Une presse et une opinion convaincues de la traitrise de Dreyfus.

 

L'affaire débute en 1894 et Dreyfus est donc accusé d'avoir trahi la France en fournissant des papiers à l'armée allemande. C'est La libre parole qui révèle l'affaire. Ce journal a été l'un des plus virulents durant l'affaire Dreyfus, avec de nombreuses publications. Les preuves ne sont pas remises en cause. Il faut également souligner qu'au début de l'affaire, cette dernière n'a pas encore pris une ampleur nationale, il s'agit pour l'instant de juger une trahison.

 

Cependant, l’opinion est tout de même informée du déroulement de ce fait divers. L'opinion est convaincue de la culpabilité de Dreyfus : lors de la dégradation de Dreyfus, la foule présente criait "mort aux juifs". Les généraux de l'état major sont eux aussi persuadés de la trahison de Dreyfus, même après une enquête sommaire.

 

On peut citer l'affaire du faux Henry, un  gradé de l'armée française: Henry Hubert était persuadé de la culpabilité de Dreyfus, et étant poussé par ses supérieurs, il écrivit un faux document en imitant l'écriture de Dreyfus afin de prouver son implication dans l’affaire.

Une presse antidreyfusarde populaire et antisémite.

 

Au début de l'affaire, la presse antidreyfusarde et plus précisément la presse antisémite, a une importante popularité. En effet, selon le site http://www.dreyfus.culture.fr, 96% de la presse parisienne était hostile à la révision de la condamnation de Dreyfus. De plus, à cette époque la France est encore un pays majoritairement catholique, il faudra attendre 1905 pour que la loi sur la séparation de l'église et de l'Etat soit votée.(Il y a d’ailleurs un lien entre cette loi et l’affaire Dreyfus).

 

De plus c'est en 1870 que la France perd l'Alsace Moselle au profit de L'Empire allemand, les Français ont donc un esprit revanchard envers ce pays. Dans ce contexte, une personne comme Dreyfus est un ennemi parfait pour l'opinion. Il est le seul officier juif de l'état major, parle l'allemand vu qu'il a grandi en alsace. De plus il est accusé d'avoir trahi la France au profit de l'Allemagne. Pour les journaux antisémites il est l'individu parfait pour prouver aux français que les juifs sont des traitres et qu'ils ne sont pas dignes de confiance.

 

C'est avant tout pour cela que ce sont ces journaux qui sont les premiers à s'emparer de l'affaire. A l'époque les antisémites étaient nombreux, de plus beaucoup dirigeaient des journaux. Certains ne cachent pas leurs opinions, comme Le Journal de L’Aveyron, qui écrit à propos de l’affaire : « Les Juifs en sortiront écrasés, anéantis, voués pour des siècles à l'exécration de tous les Français et traqués comme des bêtes fauves ». Autre exemple, celui du journal Antijuif, hebdomadaire français qui a existé de 1896 à 1902, dont le titre ne peut pas porter à confusion. Il était dirigé par l'antidreyfusard Jules Guérin. Il était aussi le fondateur du Grand Occident de France qui était une ligue antisémite.

On peut aussi noter que cette ligue était financée par le Duc Philippe D'Orléans. Les antidreyfusards étaient donc à l'époque très puissants car le duc d'Orléans (1869-1926) appartenait à la famille royale des Orléans, c'était le petit-fils du roi Louis-Philipe I et la plus grande fortune de France à cette époque.

 

De plus, à l'époque, la presse n'a pu se baser que sur des preuves mineures, le bordereau qui a été sommairement inspecté et le faux Henry qui s'est avéré être par la suite une fausse preuve. Cette presse n'était pas convaincue de la traitrise de Dreyfus grâce aux preuves mais plutôt parce que Dreyfus était juif. Dans une France catholique, les juifs étaient considérés, notamment par les antisémites, comme des personnes avares de pouvoir et d'argent.

 

On peut d'ailleurs l'illustrer avec le dessin Le Musée des Horreurs ci-contre ou l'on voit un Alfred Dreyfus avec des apparences de serpent et de monstre, décrit comme un traître. Dans la bible le serpent est l'animal du péché, la bête la plus dangereuse et méchante. Ce dessin était à l'époque très utilisé par les antidreyfusards. Pendant ce temps, on travaille à l’état major à fournir de nouvelles preuves, afin de donner plus de renforcer la culpabilité de Dreyfus.

 

La presse antidreyfusarde, voir antisémite, à durant plusieurs années accusé l’ex capitaine sans chercher de nouvelles preuves ou à se questionner sur un jugement qui commençait déjà à être suspect. Cette presse n'était pas neutre, elle avait un parti pris antidreyfusard.

 

Toutefois, nous pouvons noter que cette presse était populaire et majoritairement antisémite.

Comme journal antidreyfusard on peut aussi citer Psst...! qui a était dirigé et cofonder pas le dessinateur satirique Caran D'Ache, lui aussi antidreyfusard, très influent grâce à ses dessins, à l’exemple d’"Un dîner en famille" publié le 14 février 1898 (ci-dessous) dans Le Figaro ou encore "Coucou, le voilà !" paru le 10 juin 1899 (à coté)  dans Psst...!.C'est donc un auteur qui écrit durant une longue période, pratiquement durant toute l'affaire Dreyfus, mais c'est aussi une personne qui dessina pour des journaux différents car il a écrit autant pour le journal antidreyfusard Psst..! que pour le journal dreyfusard Le Figaro.

 

On remarque alors que ce contexte de popularité de la presse antidreyfusarde contraste avec le peu d'importance de la presse dreyfusarde et plus généralement du dreyfusisme.

à droite Coucou, le voilà! de Caran D'Ache paru le 10 juin 1898

 

Un dreyfusisme mineur et peu populaire.

 

L'antisémitisme étant très présent au début de l'affaire, et l'opinion étant convaincu de la culpabilité de Dreyfus, peu de personnes prennent la défense de ce dernier. On pourrait s'en étonner, car Dreyfus possédait une bonne réputation à l'intérieur de l'état major, Pierre Miquel souligne dans son livre L'affaire Dreyfus que "ses stages avaient été concluants". Cette "réputation" peut être nuancée car il avait été sous noté à l'école polytechnique, mais il reçut cependant le soutien d'une partie certes marginale, de personnes de l'armée.

Par exemple, Ferdinand Forzinetti, patron des polices militaires de Paris, a été l'un des premiers dreyfusards malgré le fait qu'il soit responsable de l'incarcération préventive de Dreyfus. C'est la famille de Dreyfus qui prend en premier la défense de l'accusé, notamment avec son frère Mathieu. Mais cela n'est pas aisé et ceci pour plusieurs raisons. La première est que la presse, une fois le procès et la dégradation effectués, est muette, c'est-à-dire qu'elle ne parle plus de l'affaire. De plus, au sein de l'état-major, on travaille à fournir de nouvelles preuves contre Dreyfus, afin de consolider l'accusation.

 

Mais le dreyfusisme va commencer à grandir grâce à la presse. L'éclair publie le document "ce canaille de D...", qui se révèle être une pièce mise à disposition en secret aux juges du Conseil de Guerre lors du procès de Dreyfus. Cela prouve l'illégalité du procès. Cela va permettre à la famille de Dreyfus de convaincre d'autres personnes, à l'exemple de Bernard Lazare. Ce dernier, journaliste, devient dreyfusard et essaye de convaincre la presse et le parlement de l'innocence de Dreyfus. Sans succès. Il arrive tout de même à convaincre quelques personnes, dont Auguste Scheurer-Kestner, homme politique à l'époque de l'affaire. Ce dernier va s'entretenir avec le président, mais il va par la suite être critiqué par les journaux de droite comme Le matin. Le gouvernement atteste la véracité du procès.

 

Un autre dreyfusard est Zola, mais malgré quelques publications dans la presse, comme dans le Figaro, il ne parviendra pas au début de l'affaire de faire changer le jugement réservé à Dreyfus. L'affaire est donc de nouveaux au point mort, la presse est majoritairement antidreyfusarde et le dreyfusisme est mineur car il ne concerne que quelques personnes qui ne parviennent pas à convaincre l'opinion de l'innocence de Dreyfus. De plus, la presse dreyfusarde va devoir arrêter certaines publications comme Le Figaro, qui a du devenir impartial car les publications dreyfusardes faisaient baisser le nombre d’abonnements.

 

Cependant, le mouvement dreyfusard, peu populaire jusqu'en 1898, va être de plus en plus populaire.

II) B)
II) C)
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